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Soixante ans plus tard, la française à nouveau sous tutelle

By 25 septembre 2019 septembre 26th, 2019 No Comments

« Et… nous avons fini par renoncer à nommer une femme à un poste de management ».

Un des hauts cadres dirigeants d’une institution nationale sous tutelle ministérielle vient de m’en faire la confidence.

Ce renoncement est porteur d’une triple humiliation du DRH et du Management :

  1. faillir à sa mission de développement et de progrès,

  2. bannir la femme de toute responsabilité,

  3. collaborer avec une idéologie rétrograde au sein même d’une institution de référence.

L’histoire avait commencé de manière anodine voire prometteuse. Parmi les salariés de bon niveau, BAC +2 Bac +4, le recrutement se fait sur profil anonyme, avec un entretien d’embauche minimum. Le  recruteur vérifie surtout les compétences “techniques”, le parcours professionnel, les diplômes. Il ne se préoccupe pas du reste : valeurs, esprit d’équipe, mixité, comportement, ouverture à l’autre, etc.

Contrairement aux préjugés habituels, les managers étaient plutôt satisfaits notamment par les salariés d’origine maghrébine. Ils les appellent : les « communautarisés » en ajoutant :« ils sont sérieux et travaillent bien ». Leur part est croissante, démographie oblige.

Petit à petit, les comportements des « communautarisés” surprennent. Ces derniers, au cours des réunions, des formations, et des échanges inter services etc., ignore la parole des salariées. Ils les écartent des discussions. La direction ne réagit pas, elle laisse faire.

Progressivement, certains bureaux se communautarisent, exclusivement.

La femme n’y est pas la bienvenue.

De personæ non gratta, elle est poussée physiquement hors des bureaux communautarisés.

La pression sociale monte avec un rejet affirmé de la mixité.

La direction renonce, elle abandonne la femme en rase campagne la ramenant à un statut comparable à celui des années 60’.

Faut-il se souvenir qu’en 1965 la France accorde aux femmes la possibilité d’exercer un métier et de gérer leurs biens propres. La loi dispense les françaises du consentement du mari (ouverture de compte bancaire, signature des chèques, etc.).

« N’y va pas, c’est une affaire d’hommes »

Son mari vient de la dissuader de participer à un séminaire sur le fait religieux en entreprise. Brillante coache de dirigeant, « Martine » était très motivée par le sujet. Pour elle, il fallait traiter l’embarras des dirigeants et les aider à retrouver leurs prérogatives sans l’encombrement des pratiques religieuses en entreprise. Son mari, d’origine algérienne partage apparemment sa vision. Ce couple franco-algérien voyage régulièrement en famille et montre un visage émancipé.

Tout bascule au moment de l’inscription au séminaire, le mari l’arrête net : « N’y va pas, c’est une affaire d’hommes ».

Soufflée, elle se retrouve sous une sorte de tutelle.

Elle n’arrive pas à hurler : « c’est surtout un combat pour la femme, je veux le mener avec des hommes … quel que soit leur origine»

« Tu viens de rayer vingt ans de ma vie professionnelle »

Cette animatrice depuis plus de vingt ans dans une association de la région bordelaise engagée dans l’humanitaire, l’alphabétisation, l’intégration, l’aide à l’insertion professionnelle etc. vient de constater sa disparition de la liste des intervenants. Discrètement, son mari, expert informatique, avait réussi à rentrer dans les codes du site. Il avait opéré le changement sans lui en parler. Il ne voulait plus la voir s’associer à des intervenants impliqués dans le traitement du fait religieux dans le sport, les associations etc. Le mari, craignait semble-t-il pour son image et par contre coup la sienne.

Rattrapé par d’autres préjugés, peurs, méconnaissance de l’autre, comme le couple franco-algérien précédent, ce mari d’un couple franco-français avait instantanément mis sous tutelle sa femme.

Cette régression n’est pas spécifique à un segment quelconque de la population française.

Comme le couple précédent franco-algérien, le mari et la femme de ce couple franco-français sont de même niveau socio-culturel, élevé !

« Elle est tout le temps en congé, personne n’ose traiter la gêne causée »

Dans cette entité financièrement indépendante mais sous une tutelle Ministérielle, la personne en charge de la comptabilité est de plus en plus souvent absente. Apparemment, elle a d’autres priorités. Les équipes trouvent des solutions de substitution, mais globalement les processus sont ralentis, perturbés.

Le climat déjà délétère s’aggrave. En effet, quelques mois plus tôt cette jeune femme avait réussi à obtenir le silence de facto approbateur de ses collègues et de sa DRH. IL s’agissait de son changement de tenue. Du jour au lendemain, elle allait porter le voile. Pour les rassurer, sourire aidant elle avait bien insisté : « personne ne me l’impose, c’est mon choix, je suis même en désaccord avec mes parents …».

Evidemment, chacun dans son bureau se questionne, un peu gêné. Qu’est-ce que son collègue pense? Qu’aurait-il dit ou pas dit? Qu’est-ce qu’elle aurait dû dire ou ne pas dire….

Les dégâts sont faits, la relation entre les salariés n’est plus la même, la confiance a disparu.

Forte du fait accompli du voile, elle se permet désormais de mener sa barque sans gêne. Personne n’ose traiter le sujet de son absentéisme. Chacun, DRH en tête, a peur de recevoir en retour : « … , je suis harcelée pour le port de mon voile »

Des perspectives d’un autre âge !

Les trois premiers cas évoqués ci-dessus, laisseraient à penser que, petit à petit la femme française émancipée pourrait disparaître du paysage en termes de pensée, d’expression, de responsabilités. Faute de résistance, elle serait remplacée par,

  • une femme sous tutelle, ou par

  • une femme manipulatrice, comme dans le 4ème cas ci-dessus. Cette dernière agirait pour ses intérêts personnels, éventuellement pour un dessein politico-religieux. Voir le cas tout à fait semblable vécu au Caire, cliquer ici

En Egypte près de 100% des femmes ont été voilées en moins de trente ans, c’est visuel, c’est visible. En France le voile a une autre forme, c’est celui de la pensée, de l’expression, des rôles et des responsabilités.

Comment sortir de l’embarras ?

 

Pour que la femme assume son combat face à l’inégalité et à la mise sous tutelle, pour que les têtes ne soient pas prises, pour sortir de l’embarras sur le fait religieux en entreprise, il y a d’abord le décryptage de ses propres préjugés. Chacun pourra ainsi regarder et comprendre l’autre avec discernement, sans peur de sa propre image.

Il ou elle retrouvera son parler vrai, respectueux et productif, sa légitimité. Avec son nouveau leadership, il ou elle rétablira une relation juste avec l’autre.

Les dirigeants feront remettre les pratiques religieuses à leur place, dans la sphère personnelle et privée.

A cet effet, plusieurs atelier de coaching sont disponibles, cliquer ici

 

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