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ABSENCE DE CONSTITUTION – L’IRRÉDUCTIBLE ANORMALITÉ ISRAÉLIENNE

Comment se fait-il que l’état présenté comme seule démocratie régionale, dont l’armée génocidaire reste dans l’imaginaire occidental l’armée la plus morale du monde, n’ait pas de constitution ?

Quels sont les facteurs bloquants, et quels sont les symptômes qui en retour sont des facteurs autobloquants du processus ?

Ce faisant, de génération en génération, les Israéliens ratent l’occasion de se normaliser et de se présenter comme un état normal. Les lois pléthoriques ne compensent pas ce manque crucial, cette tâche que la propagande n’arrive pas à cacher.

LES FACTEURS BLOQUANTS

LE PARADOXE JUIF & DÉMOCRATIQUE

Les idéologues sionistes de la fin du 19ème siècle, Herzl en tête, étaient athées. Leur pensée commune était à propos d’un projet colonial juif à propos d’établir un Foyer National Juif sur « une terre sans peuple pour un peuple sans terre ». Cinquante ans plus tard, Ben Gourion, le fondateur d’Israël, penche pour un état modern laïc. La tension entre la Halakha (loi religieuse) et les principes démocratiques libéraux rend difficile un texte fondateur unique qui satisferait à la fois les ultra-orthodoxes et les laïcs.

Crédit image @RISS Charlie Hebdo

Israël se définit comme un « État juif et démocratique », une formule qui n’a pas d’équivalent ailleurs. Pour beaucoup dans le monde, cette formule est une ineptie, de surcroît non opérable. Cette dualité crée une tension permanente.

Comment être à la fois l’État de tous ses citoyens (démocratie) et l’État du peuple juif mondial (ethnicité/nation) ?

Le caractère juif respire la différence avec l’autre, il organise la séparation, il rend le projet incompatible avec le caractère démocratique d’un état. La même incompatibilité existe dans les pays arabes qui ont adopté la Sharia, loi religieuse, comme base constitutionnelle.

Avec une telle formule contradictoire = pas de constitution

 

LE REFUS D’AVOIR DES FRONTIÈRES FIXES ET RECONNUES

Historiquement, chacun peut le constater, successivement en 1948 – 49 – 56 – 67 – 73 – 2009 – 2017 – 2026 Israël grignote, annexe de territoires chez ses voisins du nord, de l’ouest et du sud, s’empare de territoires affectés aux Palestiniens dans le cadre des accords d’Oslo, etc.

En toute illégalité, avec un processus continue depuis 78 ans de violence, de nettoyage ethnique, de vol, … Israël occupe désormais toute la Palestine et bien au-delà.

Pour les leaders du grand Israël actuellement au pouvoir, il reste encore du chemin pour installer Israël « du Nil à l’Euphrate ». Néanmoins, plus ils avancent, plus les populations sous occupation contrarient leur ambition démographique « un état juif pour les juifs ». C’est leur Golem qui se retourne contre eux, ça les obsède, ça les ronge, ça les tue…. Au passage, ça élimine le peuple autochtone, qui n’avait rien demandé, le Peuple Palestinien.

En attendant, pas de frontières fixes = pas de constitution

 

LE LABYRINTHE DE LA CITOYENNETÉ ISRAÉLIENNE 

C’est le boulet que se traîne les descendants de ceux qui ont inventé le sionisme, notamment Ben Gourion le fondateur d’Israël et les premiers ministres qui lui ont succédé.

Dans cette idéologie, « Israël » est la patrie des Juifs du monde entier. Par conséquent, tout Juif sur Terre, avec ou sans son consentement, est un candidat naturel à la citoyenneté de l’« État d’Israël ». C’est ce que rappelle sans cesse la propagande israélienne tout en fomentant des actes et des attitudes antisémites pour activer l’émigration vers Israël.

Mais comment inscrire cela dans une constitution ? Peut-on dire, par exemple, que les Juifs français ou belges sont des citoyens israéliens ?

Un État moderne est celui de ses citoyens qui y vivent. Cela rompt le lien entre « Israël » et les Juifs du monde entier. Ils perdraient le « privilège » de la citoyenneté israélienne automatique. Avec l’occupation totale de la Palestine, la situation a empiré. Quelle citoyenneté équitable pour les 7,5 millions de Palestiniens sous juridiction israélienne ?

Le labyrinthe ne donne pas de citoyenneté claire = pas de constitution.

 

LE FONDEMENT DE LA LEGISLATION

Comme avec le Coran pour les théocraties arabes voisines, pour un état juif cela devait être la Torah. Pour ce « peuple élu, enfants d’Israël et la Terre promise », comment imaginer une constitution moderne, démocratique et civile de type occidental.

Le courant religieux se heurte à deux courants autres principaux et irréconciliables : l’un libéral démocrate, l’autre socialiste communiste. Et maintenant les courants “arabes”, les Palestiniens à la Knesset.

 

Crédit dessin @Daniel Girault

Divergences irréconciliables = pas de constitution.

 

LES FACTEURS AUTOBLOQUANTS

L’USURPATION FONCIÈRE

En 1948, la majorité des terres qui allaient former l’« État d’Israël » appartenaient à des Palestiniens, musulmans et chrétiens. Certains ont été déplacés de force vers les pays arabes voisins. Le « gouvernement israélien » s’est illégalement emparé de leurs terres et de leurs biens pour les transférer illégalement aux immigrants juifs.

En 2026, environ 80 % du territoire israélien est pratiquement inaccessible aux citoyens arabes en matière d’achat. Concernant les locations, les mécanismes des « comités d’admission » par quartier d’habitation font barrage.

En attendant, l’absence de constitution permet la continuité de l’usurpation. Celle-ci sans fondement juridique bloque le processus constitutionnel.

LE REFUS DE L’ÉQUITÉ

LES LOIS DISCRIMINATOIRES ET LE RACISME ENVERS LES PALESTINIENS NOMMÉS « ARABES ISRAÉLIENS »

De nombreuses lois, réglementations et pratiques en vigueur dans l’« État d’Israël » sont racistes et discriminatoires sur une base ethnoreligieuse, envers les Palestiniens, chrétiens et musulmans. Les israéliens les nomment « minorité arabe », « arabes israéliens », une manière d’effacer l’identité Palestinienne.

Ces discriminations concernent les logements, les écoles, les soins … Dans son article paru dans le New York Times en 1988, le professeur Zachary Lockman de l’Université Harvard, en parlait déjà : « Environ 92 % du territoire de l’État d’Israël est régi par des réglementations et des instructions qui empêchent les citoyens arabes d’en être propriétaires, locataires ou d’y travailler. ».  Cet état a empiré avec notamment l’exclusion de la « minorité arabe » de nombreuses localités.

Cet état de fait rend politiquement difficile l’adoption d’une constitution, avec le dilemme :

  • Remettre en cause les privilèges réservés aux juifs et inscrire l’égalité complète,

  • S’imposer au monde comme un état anormal et entériner la discrimination,

GROS MALAISE SUR LA PLANÈTE

« Israël » n’a jamais été un État normal. L’absence de constitution en est la preuve. De surcroît cet état anormal ne se conforme aux normes internationalement reconnues. L’endoctrinement intensif depuis sa naissance, accentué pour justifier le génocide à Gaza et le nettoyage ethnique en Cisjordanie. Plus de 86% d’israéliens soutiennent ces politiques. Face à des cervelles transformées en bouillie émotionnelle, la pédagogie s’avère stérile, improductive. Pour ces cas, il y a des thérapies adaptées. Encore faut-il que la personne concernée ait une demande d’aide, ou qu’un nouvel état le mette dans ses programmes de ré éducation.

En attendant, travaillons sur la Constitution :

 

RÉDIGER UNE CONSTITUTION NATIONALE POUR UN PAYS LAÏC ENTRE LA RIVIÈRE DU JOURDAIN ET LA MER MÉDITERRANNÉE.

Comment aider les nombreux penseurs, historiens et politiciens à élaborer une proposition. Comment impliquer, les têtes de file françaises et européennes, les historiens israéliens de la nouvelle génération notamment Shlomo Sand, Ilan Pappé, Simha Flapan, Benny Morris, Tom Segev, Avi Shlaïm. Il y a aussi les ex généraux du Shin Beth qui en ont assez de tourner en rond autour de l’idée à la fois obsolète et criminelle du sionisme : Ami Ayalon, Yaakov Sharett.

Il s’agit ni plus ni moins qu’un nouveau pays à créer.

En attendant, je fais la proposition ci-dessous.

 

LES ÉBAUCHES DES PREMIERS ARTICLES DE LA CONSTITUTION

A l’instar de la constitution française, celle du pays allant de la rivière du Jourdain à la mer Méditerranée donnerait l’identité du pays et sa gouvernance.

ARTICLE 1.

Etablir un pays laïc et démocratique où tous les citoyens vivent égaux en droit et devoir, sans discrimination de race, de religion, d’ethnie, d’origine.

ARTICLE 2.

La gouvernance du pays est celle d’un pays démocratique avec une présidence élue au suffrage universel, un gouvernement, une assemblée nationale élue au suffrage universel et une assemblée des « sages ». Ces hautes instances veilleront à la représentativité des populations en présence. Les modalités de même que le nom du pays, son drapeau et son hymne en seront définies par référendum.

ARTICLE 3.

La capitale de ce pays est Jérusalem, ville réunifiée comme le reste du territoire débarrassé des murs et des check-points.

ARTICLE 4.

Le territoire de ce pays couvre la région allant de la rivière du Jourdain à l’Est vers la mer Méditerranée à l’Ouest. Ce territoire englobe la région de Gaza, et la Cisjordanie. Les frontières Nord, Nord-Est, Sud et Sud-Est sont définis suivant l’article 4.

ARTICLE 5.

Le territoire du pays est celui du regroupement des territoires prévus dans le plan de partage de 1947. Ses frontières avec les pays voisins seront conformes aux résolutions votées par le Conseil de Sécurité de l’ONU. Pour ce faire, les états concernés récupéreront les territoires illégalement annexés ou occupés, notamment la Syrie pour les hauteurs du Golan, le Liban pour les fermes de Shebaa, la Jordanie et l’Egypte pour les contentieux résiduels. Avec l’Egypte, lever l’ambiguïté pour Oumm Rashrash devenue Eilat.

ARTICLE 6.

Accueillir et intégrer tous ceux qui souhaitent y vivre avec une priorité pour les autochtones chassés de chez eux depuis 1947 et leurs descendants qui le souhaitent.

ARTICLE 7.

Tous les citoyens du monde sans distinction ont accès au territoire et aux lieux dits « saints » notamment à Jérusalem, Hébron, Bethléem, Nazareth.

ARTICLE 8.

Abroger le commandement N°40 dicté par Ben Gourion le 25 novembre 1948 à l’encontre des populations palestiniennes non-juives et toutes les lois ethnocentriques ou apparentées à de la théocratie.

ARTICLE 9.

Traiter avec les instances concernées les 70 condamnations d’Israël pour non-respect du Droit International.

Appliquer le respect sur les 70 points litigieux.

ARTICLE 10.

Rédiger un texte alternatif à la résolution ONU 181 du 29 novembre 1947 en intégrant les neuf articles ci-dessus

Adel Paul Boulad,

Consultant International Diversité & Performance

Président de MEDJOR, Francophones pour la transformation du Levant, (Association Loi 1901),

www.medjor.net

Auteur de,

  1. « MEDJOR, notre combat », cliquer ici https://www.publishroom.com/sciences-politiques/1727-54041-medjor-notre-combat.html

  2. « Palestine, fin du mécanisme du rejet. Chroniques d’un militant en vue d’un nouvel horizon » cliquer ici , https://www.publishroom.com/librairie/1261-palestine-fin-du-mecanisme-du-rejet-chroniques-d-un-militant-pour-un-nouvel-horizon-de-adel-paul-boulad.html

   

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