L’étranglement du serpent n’étouffe pas, il coupe la circulation sanguine de sa proie.
C’est ce qui se passe à Gaza.
En trois mois, depuis le cessez le feu signé le 12 janvier 2026 et après la libération des otages, les conditions de vie sont indescriptibles, et Israël a tué plus de 1000 Palestiniens.
Mes échanges réguliers au téléphone avec des survivants à Gaza, me donnent une vague idée de la vie actuelle de deux millions de gazaouis. Néanmoins, il manque le son, les odeurs, la température, les cris, les implorations, les rires, le bruit, l’oppression, …
Pour Farah, Mohamed, Salsabil, Mourad, Mostapha, les qualificatifs leur manquent pour exprimer leur profond désarroi.
« Chaque jour, 20 personnes meurent de faim, parmi les plus fragiles, des femmes, des enfants, des personnes âgées.
L’aggravation s’accélère. »
AlAnqaa Association for community Development,
Noran Khalil
Les gazaouis sont désormais enfermés dans une prison de gravats sur un sol empoisonné.
Avec sa ligne jaune, Israël coince la population de Gaza sur 42% du territoire initial, sur la partie dépourvue de terres agricoles. Il fait ainsi passer la densité de 6000 h à 9600h/km². C’est l’équivalent de Calcutta en Inde, à la différence que 92% de cette partie de Gaza est sous forme de décombres.
Leur sommeil continue d’être brisé par des tirs opportuns et par les milliers de rampants.
Le blocus quasi-total poursuit la torture. Cumulé avec l’incrément de densité, la pénurie de matériels de soin aggrave les épidémies [1].
1000 JOURS DE NETTOYAGE ETHNIQUE – BILAN HUMAIN
Tout y est passé, bombardements massifs (plus de 80 000 tonnes de bombes dont celles au phosphore), la disparition des corps avec les bombes thermo bariques[2], les tirs ciblés, les déplacements, la privation de sommeil, les drones qui émettent le son de cris de bébés, le blocus humanitaire, l’anéantissement de l’environnement[3], les rafles, l’incarcérations sans motifs, les tortures[4] dans les prisons, etc.
Les 1000 jours de souffrance inouïe se poursuivent sur une nouvelle forme, celle de la pénurie organisée pour des familles déchiquetées, des milliers d’orphelins avec leurs deuils impossibles, des milliers d’handicapés en milieu épidémique, tous errant dans les 150 000 tonnes de gravats entourés par un sol rendu incultivable.
La famine à petit feu s’installe pour deux millions de survivants traumatisés à vie. La plupart, sans travail ni revenus, n’ont de refuges que les décombres de leurs immeubles ou des tentes exposées aux intempéries. Il manque 400 000 personnes.
DÉFICIT DE PLUS DE 400 000 HABITANTS – Où sont-ils passés ?
Ce déficit a pour base les 2 500 000 recensés en 2022. Où sont passés les 400 000 manquants à l’appel ?
Les 25 municipalités qui géraient le territoire de Gaza sont désormais un souvenir, ou en lambeaux. La société civile livrée à elle-même gère les inévitables tensions et conflits inter et intra famille.
Les gazaouis survivants se rassemblent d’après les schémas de leurs anciens quartiers. Entre « voisins », ils s’entraident avec les moyens à leur portée.
Leur résilience est devenue un modèle mondial. Leur priorité est double Propreté & Éducation.
« Elle ne me parle de rien d’autre que de l’équipe et du championnat ! »
La mère du coach Palestinien Ehab Abou Jazzar,
Dans sa tente entre les flaques d’eau
Regroupés sous des tentes et de morceaux d’immeubles, les gazaouis organisent les latrines.
Des décombres, ils retirent les ingrédients nécessaires à générer du combustible utile pour cuisiner, souvent des plats de lentilles ou de fèves, et pour les quelques générateurs sauvés.
Les survivants continuent de récupérer l’eau de pluie, et de dessaler autant se faire que peu l’eau de mer.
QUI GAGNE SA VIE À GAZA ?
Parmi les deux millions de survivants moins de 5%, soit environ 40 000 chefs de famille ont des revenus.
Pour leur budget de survie, les gazaouis parlent en Shekel ou en Dollar. Dix shekels font 3 dollars. Pour faciliter la lecture de la suite de la chronique j’utilise la parité Euro = Dollar. Schéma ci-dessus en euros.
Employés de l’Autorité Palestinienne, 600 €/mois. Du fait du processus fiscal israélien, ces salaires sont versés de manière aléatoire avec un impact négatif de 40-50% sur les montants.
Salariés de la Municipalité de Gaza, 125€/mois. Les salaires sont versés tous les deux mois sous forme de billets de banque. Du fait de la pénurie de billets, leur livraison se fait via des intermédiaires qui prélèvent 30 % du montant. Les billets disponibles sans intermédiaires sont suffisamment abîmés pour être refusés par les commerçants.
Institutions internationales, 1000-1300€/mois
Ces revenus portés par 40 000 Palestiniens et redistribués sur les 2 000 000 de Palestiniens représentent 10 € par mois par personne, 30 centimes par jour par personne. A titre de comparaison, en Egypte le seuil de pauvreté est fixé à 60€/mois, en France à 1300€/mois.
1250 € LE KILO DE LÉGUMES !
« Ce qui se passe à Gaza est indescriptible.
Avant, on parlait de la difficulté à se procurer ne serait-ce qu’un repas par jour.
Aujourd’hui, même ce repas est hors de portée, et s’il est disponible, on n’a pas les moyens de l’acheter. »
Farah Alejil
Corrigé au coût de la vie, l’équivalent des 10€/mois du gazaoui moyen, c’est comme si pour un revenu mensuel de 2 500€[10] en France, vous deviez payer :
3000 € par litre de DIESEL,
Pour l’essence, c’est hors de prix !
100 000 € la bonbonne de GAZ de 12 KG,
1250 € le kilo de LÉGUMES,
VIANDE, indisponible
POISSON, interdit de pêcher
FRUIT, vergers détruits
« Avec le blocus mis en place par Israël, à Gaza il n’y a ni jouets pour enfants, ni montres, ni parfums, ni maquillage, ni fournitures scolaires, ni imprimantes, ni cartouches d’encre… »
Mostafa Aboud, Deir el Balah
Avec 30 centimes par jour, le Palestinien ne peut rien acheter sauf s’il a sauvé son « bas de laine ».
A côté de notre monde qui en majorité ne regarde plus, heureusement il y a un reste de monde qui tente d’aider malgré les entraves cyniques de l’occupant.
AIDE HUMANITAIRE
Le nombre de camions qui franchissent la frontière ne reflète pas la réalité de l’aide distribuée. L’ONU rapporte régulièrement des difficultés pour collecter et distribuer les marchandises à l’intérieur de Gaza.
Les limitations logistiques et de sécurité imposées par l’armée coloniale réduisent de 30 % la collecte des marchandises transportés. Le 30 mars dernier, les ONG ont pu collecter les marchandises de seulement 115 camions sur les 400 arrivés sur le territoire.
L’UNRWA et l’acteur majeur de l’aide, Programme alimentaire mondial (PAM) signalent l’équivalent de 6 000 camions d’aide bloqués par Israël aux points de passage de Kerem Shalom (Karem Abu Salem) et de Rafah.
Concernant les soins et les aides humanitaires, Israël a décrété l’interdiction de pratique et d’accès pour 37 ONG très actives en Palestine, certaines depuis 70 ans.[11]
Ce blocus impuni et passé sous silence devient insupportable pour ceux qui croient encore en l’humanité. Pour le briser, la flottille 2026 est déjà en partance vers Gaza …
QUE FAIRE ?
Il y a bien sûr les dons au ONG encore présentes sur place notamment celle contre la faim avec World Food Programme, cliquer ici et avec Al Anqaa Association for Community Development[12], et pour les soins PALMED[13]
Neutraliser le serpent, c’est stopper le crime à sa racine, suivant vos facilités de réseautage, en interpellant vos élus, députés et maires, le président de la République, les chefs d’entreprises complices, pour
UN EMBARGO TOTAL ÉCONOMIQUE ET MILITAIRE POUR L’AGRESSEUR DE MILLIONS DE PERSONNES DE SEPT PAYS (Liban, Syrie, Irak, Iran, Palestine, Malte, Yémen),
L’EXCLUSION D’ISRAËL DE TOUTE MANIFESTATION CULTURELLE, SPORTIVE, …
LE BANNISSEMENT D’ISRAËL DU MONDE ACADÉMIQUE,
LA RUPTURE DES RELATIONS DIPLOMATIQUES AVEC L’ÉTAT GÉNOCIDAIRE,
NOS INITIATIVES ici en France, en Belgique, en Suisse, en Algérie, au Sénégal …. PEUVENT NEUTRALISER LE SERPENT.
Adel Paul Boulad,
Consultant International Diversité & Performance
Président de MEDJOR, Francophones pour la transformation du Levant, (Association Loi 1901),
« Palestine, fin du mécanisme du rejet. Chroniques d’un militant en vue d’un nouvel horizon » cliquer ici , https://www.publishroom.com/librairie/1261-palestine-fin-du-mecanisme-du-rejet-chroniques-d-un-militant-pour-un-nouvel-horizon-de-adel-paul-boulad.html
[4] Human Rights Council, Sixty-first session, 23 February–2 April 2026, Agenda item 7, Human rights situation in Palestine and other occupied Arab territories. RAPPORT PDF, cliquer ici https://diversite-performance.com/wp-content/uploads/2026/04/Rapport-ONU-Tortures.pdf
[5] Dont 31 000 enfants et 27 000 femmes. Infos The Lancet croisés avec celles du ministère de la santé ; les noms des milliers de bébés de moins d’un an ont été publiés,
[9] Données convergentes du ministère du Développement social de Gaza et celles des ONG spécialisées « orphelins » notamment TAAWON – Noor program.
[10] En France le salaire mensuel moyen dans le privé est de 2700€
[11] Depuis le 1er janvier 2026, 37 organisations d’aide humanitaire internationales sont interdites d’activités dans la bande de Gaza et en Cisjordanie: Action Against Hunger ; ActionAid ; Alianza por la Solidaridad ; Campaign for the Children of Palestine ;CARE ; DanChurchAid ; Danish Refugee Council ; Handicap International: Humanity & Inclusion ; Japan International Volunteer Center ; Médecins du Monde France ; Médecins du Monde Switzerland ; Médecins Sans Frontières Belgium ; Médecins Sans Frontières France ; Médecins Sans Frontières Netherlands ; Médecins Sans Frontières Spain ; Medicos del Mundo ; Mercy Corps ; Norwegian Refugee Council ; Oxfam Novib (affiliée néerlandaise d’Oxfam) ; Première Urgence Internationale ; Terre des Hommes Lausanne ; International Rescue Committee ; WeWorld-GVC ; World Vision International ; Relief International ; Fondazione AVSI ; Movement for Peace-MPDL ; American Friends Service Committee ;