Le tandem AIPAC QME gère les USA et le monde au profit d’Israël contre tous.
Le tandem CRIF ELNET gère la France au profit d’Israël contre tous.
Je traite le cas de la France en seconde partie de cette chronique.
PRÉAMBULE
Désarmer Hezbollah et maintenir l’armée libanaise dans son état de faiblesse relèvent d’une même politique, celle du QME.
L’ombre du QME est partout dans la région. Le traité de Paix signé entre Israël et l’Egypte[1] stipulait la démilitarisation totale de la péninsule égyptienne du Sinaï totalement. Pour le Liban, les accords de Taëf [2] prévoyaient un plafonnement aux capacités militaires libanaises. Plus tard, les accords d’Oslo[3] prévoyaient à peine une police Palestinienne, pas plus. Idem pour la Syrie de Bachar, impossible d’obtenir les MIG 29 offerts par les Russes.
… sans oublier l’anéantissement de Gaza
La main américaine du QME fait son œuvre.
Le QME ?
Le Qualitative Military Edge ou QME (avantage qualitatif militaire) est le principe fondamental de l’alliance stratégique entre les États-Unis et Israël. Il est conçu pour garantir la sécurité d’Israël en lui assurant une supériorité technologique incontestable dans une région où il s’est imposé comme force coloniale.
QME existe depuis les années 1970, d’abord sous la forme d’un principe, d’une doctrine, QME est désormais force de loi[4] aux États-Unis depuis 2008.
QME garantit qu’Israël conserve une supériorité militaire décisive sur toute coalition d’États ou d’acteurs non-étatiques dans la région.
Cette loi exige que le président des États-Unis évalue régulièrement l’état de cet avantage et soumette des rapports au Congrès, en particulier sur les sujets critiques, pour s’assurer que les transferts d’armes ne le menacent pas.
Les composantes technologiques du QME
Il ne s’agit pas seulement d’avoir de meilleurs équipements, mais de posséder un avantage décisif dans des domaines spécifiques :
Suprématie aérienne et furtivité : L’un des piliers est l’avion furtif F-35. Israël est le seul pays de la région à posséder cet appareil. La version israélienne, la F-35I, bénéficie d’intégrations logicielles et de systèmes de guerre électronique uniques, développés localement, qui la rendent supérieure aux versions standard.
Systèmes de défense antimissile : Le développement conjoint de systèmes comme la ceinture de David et Arrow est un exemple clé de coopération pour l’avenir.
Supériorité dans le renseignement et le cyberespace : Le QME repose aussi sur des capacités avancées de collecte de renseignements (notamment contre des programmes nucléaires hostiles), une coopération poussée en matière de renseignement et de guerre électronique avec les États-Unis, ainsi que des investissements majeurs dans la cybersécurité et l’intelligence artificielle.
Le principe QME de la différenciation technologique
La clé de voûte du QME est un principe simple : Israël doit toujours recevoir des technologies militaires plus avancées que ses voisins.
Concrètement, lorsque les États-Unis vendent un équipement majeur (comme le F-35) à un autre pays de la région (Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis), celui-ci est généralement “dégradé” : ses capacités en termes de radar, de systèmes de guerre électronique ou d’armement sont délibérément réduites par rapport à la version israélienne.[5]
Conséquences et remises en question de la politique
Cette politique génère aujourd’hui des tensions et est de plus en plus remise en cause.
Des contraintes diplomatiques pour les États-Unis : La nécessité de préserver le QME peut entrer en conflit avec d’autres objectifs stratégiques américains, comme le renforcement des alliances avec des pays clés du Golfe (Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis). Les ventes d’armes à ces pays sont systématiquement évaluées à l’aune de cette doctrine.
Le poids financier pour les États-Unis : Le maintien de la supériorité israélienne via une assistance militaire massive (environ 3,8 milliards de dollars par an dans le cadre d’un protocole d’accord) et des transferts de technologie exclusifs représente un investissement stratégique important pour Washington.
QME ET AIPAC, RELATION FUSIONNELLE USA & ISRAËL
Quand QME gère l’alliance stratégique USA & Israël, AIPAC[6] traite les politiques, le Congrès et l’exécutif états-uniens.
L’AIPAC et ses cinq millions de membres, se manifeste aux États-Unis par une action de lobbying intense. Il influence le Congrès et l’exécutif, en soutenant massivement des candidats favorables à Israël et en ciblant ceux qui sont critiques[7].
Le comité d’action politique (PAC) de l’Aipac a dépensé plus de 53 millions de dollars lors des élections de 2024 pour soutenir 361 candidats des deux partis.[8]
Le lobby organise également des voyages éducatifs financés en Israël pour les parlementaires[9], afin de forger une opinion favorable, Israël étant la première destination privée pour les voyages des élus américains.
Par ailleurs, lors des primaires démocrates de 2024, l’AIPAC a dépensé plus de 23 millions de dollars pour faire battre des élues jugées hostiles à Israël, comme Cori Bush ou Jamaal Bowman.
Réf [10] L’UDP, section de l’AIPAC a investi au moins 14,5 millions de dollars pour soutenir George Latimer, l’adversaire de Bowman, faisant de cette primaire, la plus chère de l’histoire pour la Chambre des Représentants. Des publicités massives accusaient Bowman d’être un élu “chaotique” et de “nuire au Parti démocrate”. Plus de 8,5 millions de dollars pour faire battre Cori Bush. Evidemment, les campagnes évitaient des attaques sur le sujet GAZA.
AIPAC va jusqu’à menacer des pays européens de sabotage économique. Cliquer ici
COMMENT CELA SE PASSE-T-IL EN FRANCE ?
Ne cherchez pas une ambassade AIPAC à Paris.
L’AIPAC français fonctionne avec deux principales organisations aux rôles distincts, dont les actions concrètes peuvent être détaillées.
Le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions juives de France) et le réseau ELNET (European Leadership Network) sont les acteurs majeurs, mais avec des approches et des périmètres d’action différents. En sous-main, deux organisations d’activistes violents se font concurrence pour « casser » les pro-palestiniens, juifs et non-juifs : Le Betar (droite proche du Likoud) et la LDJ (Ligue de Défense Juive, extrême droite)
CRIF
Présidé par Yonathan Arfi Ce conseil représentatif fédère plus de 70 associations. Ce n’est pas rien !
Outre la défense des droits des juifs de France, son cheval de bataille est le fameux slogan « toute critique d’Israël vaut pour acte antisémite pénalement répréhensible ».
Son événement phare est son dîner annuel à Paris, qui rassemble une grande partie de la classe politique, du gouvernement et des médias français.
Le CRIF exerce un lobbying direct auprès de l’exécutif et sert de courroie de transmission entre la communauté juive et l’État israélien.
Son siège à Bruxelles anime ce réseau d’influence paneuropéen. Fondé en 2007, ELNET se revendique explicitement comme “l’AIPAC de l’Europe”.
ELNET s’inscrit officiellement comme représentant d’intérêts (lobby) du gouvernement israélien, notamment auprès de l’Assemblée nationale française. Ses actions se déroulent sur trois axes : Parlement, Think Tank, Judiciaire.
ELNET au Parlement français, c’est la valse des financements et des voyages Parlementaires[12] vers Israël[13].. L’argent vient en partie par des donateurs américains (plus de 11 millions de dollars depuis 2022) et par l’État israélien. Entre 2017 et 2024, ELNET a organisé et financé plus de 100 voyages. C’est 15% du total de voyages des parlementaires. Aucun voyage n’emmène ces parlementaires dans les territoires génocidés (Gaza), ni ceux sous apartheid (Cisjordanie, Jérusalem est), ni pour rencontrer les neufs parlementaires palestiniens citoyens israéliens, ceux appelés « arabes israéliens ».
Selon Mediapart, des parlementaires tels que Caroline Yadan, Meyer Habib, Karl Olive, Constance Le Grip et Sylvain Maillard seraient des « habitués d’Elnet ». Les « grands bénéficiaires » sont les parlementaires issus de la droite et du centre ; et notamment à ceux affiliés aux partis LR (39 séjours) et Renaissance (32 séjours)
ELNET est un animateur de “Think Tank”.
Il organise des rencontres avec des personnalités politiques israéliennes.
Sous la forme de proposition d’”éléments de langage”, ELNET briefe, forme et coach gratis, des journalistes et des hommes politiques français.
ELNET acteur judiciaire. Pour ELNET le BNVCA[14] se porte partie civile dans des procès contre des militants notamment ceux de la campagne BDS[15]
BETAR ET LDJ, LA VIOLENCE EN TOILE DE FOND
Sous couvert d’organisation de jeunesse juive d’activités de loisirs, et d’affichages dans les universités, que font les 3-500 membres du BETAR? Ils menacent et font du coup de poing contre des personnalités et des associations propalestiniennes (AFPS, Urgence Palestine, UJFP, etc.).
Meyer Habib ex député des Français de l’étranger et Frederic Encel prof à Sciences Po Paris souvent invité sur les plateaux TV ont fait partie du Betar.
En 2002, un groupe du Betar agresse José Bové de retour de Ramallah. En juin 2016, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme saisit la justice, à la suite d’un appel du Betar au « meurtre des Arabes »[16].
Encore plus à droite, sans couverture « sympathique aucune, les activistes, mineurs inclus, de la LDJ cumulent des dizaines de faits violents et d’agressions physiques. Cela se passe lors de manifestations, meetings. Ils saccagent des locaux et des librairies « pro palestiniennes ». Les condamnations pleuvent y compris contre Joseph Ayache « chef » de la LDJ, en fuite en Israël.
Voir ma lettre ouverte du 22 novembre 2024 adressée à M Retailleau pour bannir ces mouvements. Cliquer ici https://diversite-performance.com/2024/11/18/gaza-lettre-ouverte-au-ministre-de-linterieur-bruno-retailleau/
QUE FAIRE ?
Donner la parole aux 62% de la population américaine. Celle qui est désormais opposée à cette alliance et aux aides américaines à Israël. Les démocrates lâchent AIPAC[17]
Interpeller nos élus pour que
La France s’affranchisse du QME. Cela lui permettra de livrer des armes lourdes et des systèmes de défense anti aériens à l’armée libanaise,
Le ministre de l’Intérieur procède à l’interdiction du Betar, de la LDJ ou toute autre officine violente sous couvert de défense des juifs en France,
Aider l’association France-Palestine à financer et organiser des voyages pour des parlementaires français en Cisjordanie et à Gaza,
NOS INITIATIVES PEUVENT OUVRIR LA VOIE D’UNE PAIX ÉQUITABLE FACE AUX OBSTRUCTIONS NUISIBLES DES
AIPAC – QME – CRIF – ELNET ET LEURS NERVIS
Adel Paul Boulad,
Consultant International Diversité & Performance
Président de MEDJOR, Francophones pour la transformation du Levant, (Association Loi 1901),
« Palestine, fin du mécanisme du rejet. Chroniques d’un militant en vue d’un nouvel horizon » cliquer ici , https://www.publishroom.com/librairie/1261-palestine-fin-du-mecanisme-du-rejet-chroniques-d-un-militant-pour-un-nouvel-horizon-de-adel-paul-boulad.html
[2] L’accord de Taëf est un traité interlibanais signé le 22 octobre 1989, destiné à mettre fin à la guerre civile libanaise qui dure depuis 1975
[3] Accords signés le 13 septembre 1993 entre I Rabin et Y Arafat ; Cliquer ici
[4] Le texte légal concernant l’obligation de rapport, 2020 U.S. Code. Title 22 – Foreign Relations and Intercourse. Chapter 93 – United States-Israel Cooperation, Sec. 8604 – Reports required Cliquer ici https://law.justia.com/codes/us/2020/title-22/chapter-93/sec-8604/
[5] Is Israel’s F-35 Qualitative Military Edge DOA after Saudi announcement ? Cliquer ici
[6] American Israel Public Affairs Committee, cliquer ici
[7] Témoignages du sénateur US républicain, Thomas Harold Massie Cliquer ici
[8] Article du Guardian. The pro-Israel groups planning to spend millions in US elections, Cliquer ici
[9] Members of Congress have taken hundreds of AIPAC-funded trips to Israel in the past decade. Cliquer ici
[10] Politico, The Intercept, Democracy Now, The Guardian, KRCGTV, The Guardian, The Intercept, The New York Times, BBC, Politico.
[12] Pauline Graulle, « Elnet, un agent d’influence pro-Israël au cœur du Parlement [archive] » Accès payant, sur Mediapart, 29 décembre 2024
[13] Entre 2017 et 2024, le lobby a entièrement financé 101 voyages déclarés par les parlementaires français, (dont 99 en Israël et 2 en Allemagne) auxquels s’ajoutent de nombreux allers-retours non déclarés.
[14] Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme. Cliquer ici.
[15] Boycott, Désinvestissement, Sanctions. Pour en savoir plus sur BDS, cliquer ici
[16] « Tel-Aviv : la justice saisie de 2 tweets haineux », Le Figaro,
[17] Reportage France 24. Aux États-Unis, le puissant lobby pro-israélien Aipac lâché par les démocrates. Cliquer ici