Précédemment ambassadrice de la Palestine au Canada, Mona Abu Amara, est désormais Ambassadrice de Palestine en Italie. Elle est ici en tenue traditionnelle Palestinienne, c’est une robe en TATREEZ. Broderie, art féminin typique dans la culture palestinienne. L’art du Tatreez est inscrit depuis le 16-12-2021 au Patrimoine Universel de l’UNESCO, PALESTINE.
Mona Abu Amara a rédigé un texte qui résume sa pensée sur les réalités actuelles et les choix qui se présentent. Elle nous projette au-delà des accords d’Oslo et leur faillite.
Son texte aboutit à deux choix, voir ci-dessous.
« A propos du Monde, Les paradoxes du système international et son éthique sélective »
Son texte est structuré en dix parties.
Le bruit du silence
L’obligation de révisionnisme
La promotion du crime
La Soumission ou rien
La tyrannie au pouvoir
Les excuses criminelles
L’entrave à l’espoir, à l’avenir
L’aide rendue meurtrière
Le viol du Droit
L’heure des choix
Pour chacun des dix textes, j’ai associé dix groupes de préconisations sous le titre “Que pourrions-nous faire?”
Partie 1-10_Le bruit du silence
Nous vivons dans un monde plus préoccupé par les huées adressées à quelques athlètes israéliens que par le meurtre de plus d’un millier d’athlètes palestiniens. Un monde qui s’arrête pour condamner l’écho du rejet public, mais qui reste presque totalement indifférent lorsque des équipes entières sont anéanties. Comme si le son des huées était plus dérangeant que le bruit des bombes, et plus offensant que le silence qui suit.
QUE POURRIONS-NOUS FAIRE N° 1 – 10 ?
S’inspirer de l’initiative de la Mairie d’Arcueil « LES ELLES D’HÉBRON », en invitant l’équipe féminine de hand-ball Palestinienne et produire une semaine de solidarité internationale (exposition, visites, dégustation, conférences, débats…). Même si le Pelé Palestinien a été tué, il y a des équipes Palestinienne de football qui seraient honorées d’être invitées pour une semaine de solidarité.
Un monde qui débat davantage de la suppression des soldats et colons israéliens dans les livres pour enfants palestiniens que de la raison même de la présence de ces soldats et colons dans l’intimité des Palestiniens– aux points de contrôle, lors des raids sur les maisons et les villages, lors des arrestations nocturnes, lors des attaques contre les écoles, et même lorsqu’ils envahissent la mémoire collective. Un monde qui exige des Palestiniens qu’ils révisent leur récit, mais qui ne leur permet jamais de changer leur réalité.
QUE POURRIONS-NOUS FAIRE N° 2 – 10 ?
Rendre visible les enfants.
Parmi les publications, acquérir, promouvoir faire circuler le livre
« NOUS, LES ENFANTS DE GAZA »
Textes: Julie Franck, Khloud Daoud, Ahmed Alazbat; Dessins: Pauline Berger; Editions de l’Association Alama, 2024, 88 pages
Ce livre raconte l’histoire d’Amal et Imad, deux enfants qui vivent à Gaza. À travers leurs yeux, on découvre leur vie quotidienne : leur famille, leurs amis, leurs jeux, mais aussi les grandes difficultés qu’ils rencontrent, comme les bombardements, le manque de nourriture et les destructions autour d’eux. Amal et Imad partagent aussi des souvenirs de leur passé, les histoires de leurs grands-parents, et ce que signifient pour eux des mots comme justice et espoir. Même dans des moments très durs, ils trouvent des raisons d’espérer et de rêver d’un monde meilleur. Ce livre aide à mieux comprendre ce que vivent les enfants de Gaza, tout en montrant leur courage et leur incroyable résilience.
Partie 3-10_La promotion du crime
Un monde alarmé par les propos d’une rapporteuse spéciale de l’ONU chargée de documenter les violations et de parler le langage des droits de l’homme et des obligations juridiques, la présentant comme une menace, tout en réagissant à peine aux agissements d’un criminel recherché par la Cour pénale internationale et de sa bande, accusés de crimes graves au regard du droit international, et traités comme des partenaires, des « alliés démocratiques » et des « défenseurs de la civilisation ». La moralité et l’intégrité sont mises en cause, tandis que des criminels immoraux, auteurs de génocide, bénéficient de l’immunité et de l’impunité.
Un monde qui recherche la « paix » par des luttes de pouvoir, par des accords signés sans consulter les populations vivant sous occupation, au lieu d’une paix juste fondée sur les droits, l’équité et l’égalité. Un monde qui exige des déplacés qu’ils acceptent leur effacement et des populations sous occupation qu’elles acceptent leur assujettissement, au lieu de les aider à démanteler les structures qui ont engendré ce déplacement et rendu possibles l’occupation et l’assujettissement.
QUE POURRIONS-NOUS FAIRE N° 4 -10 ?
La FONDATION HIND RAJAB (FHR) procède aux poursuites judiciaires de dirigeants, officier, soldats et colons israéliens identifiés, auteurs de crimes contre l’humanité.
** Créer un mémorial HIND RAJAB, une statue, un nom de place ou de rue,
** Organiser une exposition HIND RAJAB
Partie 5-10_La tyrannie au pouvoir
Et un monde qui s’empresse d’applaudir les paroles d’un tyran se vantant d’« ouvrir les portes de l’enfer », mais qui ne manifeste pas suffisamment d’indignation pour condamner la réalité où ce même tyran continue d’étrangler ces portes, d’entraver l’aide humanitaire et de décider qui mange, qui a le droit de se faire soigner, qui a un abri, qui a un toit, qui circule librement et, en fin de compte, qui vit ou qui meurt.
Comme si les Palestiniens ne méritaient rien de plus que des marques de compassion, des gestes symboliques, une sympathie conditionnelle et des déclarations soigneusement calculées.
QUE POURRIONS-NOUS FAIRE N° 5-10 ?
Agir par la culture :
A l’instar de Paris 15ème, organiser des rencontres culturelles, avec les artistes Palestiniens : les poètes, les sculpteurs, les peintres, …
Voir en groupe le film LES CITRONNIERS, l’histoire d’une veuve Palestinienne confrontée à la justice militaire puis devant la Cour suprême d’Israël pour empêcher l’arrachage de ses citronniers, cliquer ici https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Citronniers
S’initier à la DANSE DABKÉ PALESTINIENNE et organiser des shows « Palestine », rythmique et danse, voir contact ci-après
Faire goûter le Zaatar Palestinien. A l’occasion de raps, piquenique etc. assaisonnez vos salades avec le Zaatar. Evoquez son origine, sa composition, l’interdit de Sharon etc. réf la chronique Zaatar. Ce faisant vous permet d’ouvrir le sujet Palestine par le biais gastronomique, culturel.
Soutenir la préservation et le développement de l’art de la broderie Palestinienne, Le TATREEZ/
Partie 6-10_Les excuses criminelles
Lorsqu’un enfant palestinien est tué, on discute. Lorsqu’un Palestinien est arrêté sans inculpation ni procès, sa détention est justifiée. Lorsqu’une maison palestinienne est démolie, on trouve des excuses. Lorsqu’un Palestinien s’élève, on remet en question son humanité. Lorsque l’existence même des Palestiniens est menacée, on leur demande d’être patients, mesurés, rationnels et pragmatiques.
** Voir le film en groupe de 4-5 personnes. Emmenez les plus réticents, les neutres, les cyniques.
** Allez ensuite en débattre ensemble dans une brasserie voisine.
** Le faire passer dans une cinémathèque locale, suivi d’un débat en présence d’un connaisseur du sujet.
Partie 7-10_L’entrave à l’espoir, à l’avenir
On nous dit, à nous Palestiniens, que le sport doit rester apolitique. Pourtant, la politique a déjà infiltré nos stades, nos terrains, nos écoles, nos foyers et notre ciel. Elle s’est infiltré lorsqu’un enfant de Gaza a perdu une jambe, emportant avec elle son rêve de courir à nouveau. Elle s’est infiltrée lorsque des centaines d’installations sportives ont été détruites, anéantissant l’idée même d’avenir : le jeu, la compétition et la vie.
QUE POURRIONS-NOUS FAIRE N° 7-10 ?
Agir par l’emploi. Solliciter les chefs d’entreprise et de DSI pour qu’ils sous-traitent le développement d’applications Web ou de la maintenance IT à Gaza-Talents. Voir ma chronique « Gaza, lumière sur Gaza Talents, cliquer ici
Agir par le Sport. La mobilisation citoyenne et celle du gouvernement Suisse a permis d’obtenir l’intervention de la FIFA pour stopper la destruction par Israël du terrain de football en Cisjordanie.
Interpeller les fédérations sportives française pour demanderaux organisations sportives mondiales et européennes (UEFA, C.I.O, etc.) de placer les équipes israéliennes dans sa géographie, c.-à-d. l’Asie, avec ses voisins du Proche-Orient qui y sont déjà le Liban, la Syrie, la Jordanie, l’Irak, etc.
Partie 8-10_L’aide rendue meurtrière
On nous dit de ne pas politiser l’aide. Mais en Palestine, l’eau, la nourriture et les médicaments sont devenus des instruments de siège et de meurtre contre tout un peuple. Ce qui devrait incarner des valeurs humaines a été instrumentalisé comme un outil de domination et de suprématie, utilisé pour déraciner un peuple autochtone de sa terre.
QUE POURRIONS-NOUS FAIRE N° 8-10 ?
Documenter et Poursuivre :Soutenir les organisations (Forensic Architecture, Al Mezan, Law for Palestine) qui rassemblent les preuves pour des enquêtes de la CPI et de la CIJ pour crimes de guerre et écocide.
Soutien résolu, financier, moral et matériel, à l’insurrection juive antisioniste, Union Juive Française pour la Paix
Partie 9-10_Le viol du Droit
On nous dit de ne pas politiser le droit international, ce qui revient à accepter son application sélective en matière de droits. On nous dit de respecter les procédures, alors qu’elles sont sans cesse reportées, vidées de leur substance, ou ignorées lorsqu’elles mènent à des comptes. On nous demande de croire en un système fondé sur des règles, alors que ces règles sont perverties et ses protections obscurcies.
QUE POURRIONS-NOUS FAIRE N° 9-10 ?
Demander au Ministères des Affaires Etrangères de la France d’œuvrer pour la révocation de la résolution 181 (comme celle N° 3379), du 29/11/1947 à l’ONU, prévoyant la partition de la Palestine mandataire en deux États indépendants et l’internationalisation de Jérusalem, partition rejetée par les Palestiniens,
Partie 10-10 – L’heure des choix
On dit souvent que « l’arc de l’univers moral est long, mais il se courbe vers la justice ». Or, les arcs ne se courbent pas d’eux-mêmes ; ils sont courbés par les hommes, par leur courage, leur sens des responsabilités et leur refus de fermer les yeux sur l’injustice. Aujourd’hui, cet arc est contraint, sa progression ralentie par l’impunité absolue, paralysée par le deux poids deux mesures et entravée par la banalisation de l’injustice.
Ce n’est pas le manque d’information qui nous empêche de progresser. Les faits sont documentés, les images sont incontestables et la loi est claire. Ce dont nous souffrons, c’est d’une crise de clarté morale.
La question n’est plus de savoir ce que nous savons – nous savons tous ce que nous devrions savoir – mais plutôt ce que nous sommes prêts à faire de ce que nous savons.
Tant que l’impunité persistera, que la responsabilité ne sera pas appliquée et que les droits ne seront pas protégés sans exception, tant que la vie, la dignité et les droits des Palestiniens ne seront pas valorisés par les puissants au même titre que ceux des Israéliens, cet arc ne se courbera pas. Elle restera en suspens, figée par le silence, l’hésitation et l’inaction.
Dès lors, le choix qui s’offre aujourd’hui au monde et aux puissances est clair et simple :
** Soit continuer à gérer l’injustice, et avec elle la souffrance de tout un peuple – en organisant, en contenant, en justifiant et en humanisant cette souffrance ;
** Soit démanteler les structures qui ont engendré cette injustice, l’ont protégée et ont permis qu’elle s’envenime, et y mettre un terme définitif.
QUE POURRIONS-NOUS FAIRE N° 10-10 ?
Demander au Président de la République de décréter un embargo total avec Israël et d’œuvre auprès de l’UE pour stopper les accords et échanges économiques.
Demander au 1er ministre de la France de se rapprocher de celui d’Israël pour l’encourager aux démarches réparatrices et de Paix,
Faire son devoir de mémoire et juger ses criminels,
Abroger le processus de colonisation et le commandement n°40 dicté le 23 novembre 1948 par Ben Gourion,
Lever les check-points pour briser le mur de séparation,
Libérer les millions de palestiniens pris en otages,
Indemniser les Palestiniens lésés depuis 1948,
Démanteler les structures criminelles en Israël,
Travailler à une refonte de l’état et à une constitution inexistante
Adel Paul Boulad,
Consultant International Diversité & Performance
Président de MEDJOR, Francophones pour la transformation du Levant, (Association Loi 1901),
« Palestine, fin du mécanisme du rejet. Chroniques d’un militant en vue d’un nouvel horizon » cliquer ici , https://www.publishroom.com/librairie/1261-palestine-fin-du-mecanisme-du-rejet-chroniques-d-un-militant-pour-un-nouvel-horizon-de-adel-paul-boulad.html
ANNEXE – ORIGINAL EN ARABE
بينما يحصي البعض صيحات الاستهجان، يحصي الفلسطينيون شهدائهم
كتبت: سفيرة فلسطين لدى إيطاليا منى أبو عمارة
مفارقات النظام الدولي وأخلاقياته الانتقائية
نعيش في عالمٍ يقلقه استهجانٌ موجَّه إلى عددٍ قليل من الرياضيين الإسرائيليين أكثر مما يقلقه قتل أكثر من ألف رياضي فلسطيني. عالمٌ يتوقف لإدانة صدى رفض الجماهير، لكنه يكاد يفتقر إلى أي إرادة حين تُمحى فرقٌ باكملها. وكأن صوت الإستهجان أكثر إزعاجًا من صوت القنابل، وأكثر إساءة من الصمت الذي يعقبها.
عالمٌ يناقش إزالة جنود الاحتلال الإسرائيلي والمستوطنين من كتب الأطفال الفلسطينيين أكثر مما يناقش سبب وجود هؤلاء الجنود والمستوطنين أصلًا في حياتهم. عند الحواجز، وفي اقتحام المنازل والقرى، وفي الاعتقالات الليلية، وفي الاعتداء على المدارس، بل وفي اقتحام الذاكرة نفسها. عالمٌ يُصرّ على أن على الفلسطينيين تعديل روايتهم، لكنه لا يسمح لهم أبدًا بتغيير واقعهم.
عالمٌ يقلق من كلمات مقررة خاصة للأمم المتحدة مُكلَّفة بتوثيق الانتهاكات وتتحدث بلغة حقوق الإنسان والالتزامات القانونية، فيصوّرها كتهديد، بينما بالكاد يتحرك أمام أفعال مجرمٍ مطلوبٍ للمحكمة الجنائية الدولية وعصابته، المتهمين بارتكاب جرائم جسيمة بموجب القانون الدولي، ويعاملهم كشركاء، و”حلفاء ديمقراطيين”، و”مدافعين عن الحضارة”. تُحاكم الأخلاق والنزاهة، بينما يُمنح المجرمون اللاأخلاقيون، مرتكبو الإبادة، حصانةً وإفلاتًا من العقاب.
عالمٌ يسعى إلى “السلام” عبر موازين القوة، عبر صفقات واتفاقيات تُوقَّع من فوق رؤوس الواقعين تحت الاحتلال، بدلًا من سلامٍ عادلٍ قائمٍ على الحقوق والإنصاف والمساواة. عالمٌ يطلب من المُهجَّرين القبول بمحوهم، ومن القابعين تحت الاحتلال القبول بإخضاعهم، بدل أن يساعدهم على إنهاء البُنى التي أنتجت هذا التهجير وجعلت الاحتلال والاخضاع ممكنين.
وعالمٌ يسرع إلى التصفيق لكلمات طاغية يتباهى بـ”فتح أبواب الجحيم”، لكنه لا يحشد الغضب الكافي لإدانة الواقع الذي يواصل فيه هذا الطاغية خنق تلك الأبواب، ويمنع المساعدات، ويقرر من يأكل، ومن يُسمح له بمعالجة جراحه، ومن يدفأ، ومن له سقف يحتمي به، ومن يتحرك، وفي نهاية الامر من يعيش أو يموت. وكأن الفلسطينيين لا يستحقون إلا لغة القلق، والإشاراتٍ الرمزية، والتعاطف المشروط، والبيانات المحسوبة بعناية.
عندما يُقتل طفل فلسطيني، يُفتح باب النقاش. وعندما يتم اسر فلسطيني بلا تهمة ولا محاكمة، يُبرَّر اعتقاله. وعندما يُهدم بيت فلسطيني، تخلق الذرائع. وعندما يرتفع صوت الفلسطيني، يشكَّك في إنسانيته. وعندما يُهدَّد الوجود الفلسطيني، يُطلب من الفلسطينيين أن يكونوا صبورين، ومتّزنين، وعقلانيين، وبراغماتيين.
يُقال لنا كفلسطينيين إن الرياضة يجب أن تبقى منفصلة عن السياسة. لكن السياسة كانت قد دخلت بالفعل إلى ملاعبنا، وحقولنا، ومدارسنا، وبيوتنا، وسمائنا. دخلت حين فقد طفلٌ في غزة ساقه، ومعها حلمه بأن يركض يومًا من جديد. ودخلت حين دُمِّرت مئات المنشآت الرياضية، وتحطّمت معها فكرة المستقبل ذاته: اللعب، والمنافسة، والحياة.
يُطلب منا ألا نُسيّس المساعدات. لكن في فلسطين، تحوّلت المياه والغذاء والدواء إلى أدواتٍ للحصار والقتل ضد شعبٍ بأكمله. ما كان ينبغي أن يجسّد القيم الإنسانية، جرى تسخيره كأداة هيمنة وتفوق، تُستخدم لاقتلاع شعبٍ أصيل من أرضه.
يُطلب منا ألا نُسيّس القانون الدولي، أي بمعنى اخر أن نقبل تطبيقه الانتقائي حين يتعلق بحقوقنا. يُطلب منا احترام الإجراءات، بينما تُؤجَّل أو تُفرَّغ من مضمونها أو تُهمل حين تقود إلى المساءلة. ويُطلب منا الإيمان بنظامٍ قائم على القواعد، بينما تُلوى قواعده وتُحجب حماياته.
قيل إن “قوس الكون الأخلاقي طويل، لكنه ينحني نحو العدالة”. لكن الأقواس لا تنحني وحدها؛ بل يحنيها البشر، بالشجاعة، وبالمساءلة، وبرفض غض الطرف عن الظلم. واليوم هذا القوس مقيّد، تُبطئ انحناؤه الحصانة المطلقة من العقاب، وتشلّه المعايير المزدوجة، ويعيقه تطبيع الظلم.
نحن لا نعاني من نقص في المعلومات. فالحقائق موثقة، الصور لا يمكن إنكارها، والقانون واضح. لكن ما نعانيه هو أزمة وضوح أخلاقي.
لم يعد السؤال ماذا نعرف، فنحن جميعًا نعرف ما يجب معرفته، بل السؤال ماذا نحن مستعدون أن نفعل بما نعرف.
وحتى يتم ايقاف الإفلات من العقاب، وتُفرض المساءلة، وتُصان الحقوق على قدم المساواة دون استثناء، وحتى تصبح حياة الفلسطيني وكرامته وحقوقه بذات الوزن والقيمة في أعين الأقوياء كما هي حياة وحقوق الإسرائيليين، فإن هذا القوس لن ينحني. سيظل معلقًا، مشدودًا بالصمت، وبالتردد، وبانعدام الافعال.
لذلك، فإن الخيار المطروح أمام العالم وقواه اليوم واضح وبسيط:
إما الاستمرار في إدارة الظلم، ومعه معاناة شعبٍ بأكمله. تنظيم هذه المعاناة، واحتواءها، وتبريرها، وأنسنتها.
أو تفكيك البُنى التي أنتجت هذا الظلم، وحمته، وسمحت له بالاستفحال، وإنهاؤها جملة وتفصيلا وإلى الأبد.